Atelier en partenariat avec Ethnologues en herbe

Avec le soutien de la Mairie de Paris, du CASNAV de Paris et de la Fondation RATP pour la citoyenneté, l’association Ethnologues en herbe a mis en place pour l’année scolaire 2005-2006 des ateliers "Jeunes Ethnologues" dans 11 classes en Île de France.
La démarche d’Ethnologues en herbe est d'amener les enfants à enquêter sur leur vie quotidienne et à l'observer dans le périmètre de leur curiosité, puis de décrire leur environnement avec tous les moyens possibles (dessins, photos, textes…) afin de partager leurs expériences avec d'autres élèves de France et du monde sur le site www.ethnoclic.net. L'association a invité Monica Fantini à animer deux séances au sein d’une classe de primo-arrivants du collège Clemenceau dans le quartier de la Goutte d’Or, en travaillant sur les sons de la ville à partir du site Écouter Paris. Les enregistrements écoutés en classe ont permis aux élèves de parler de leur vie et de la partager avec les autres à travers des dessins et des textes.

 

  • Date et lieu de l'atelier : 3 avril 2006, Goutte d'Or (XVIIIème arr.)


 J’ai entendu le coq qui crie.
J’ai entendu les enfants qui jouent avec les mains.
J’ai entendu les bruits de la voiture, de la moto et de l’avion.
J’ai entendu les enfants qui chantent.
J’ai entendu l’homme qui téléphone.
J’ai entendu les enfants se bagarrer.
J’ai entendu les hommes jouer aux cartes.
J’ai entendu les enfants jouer au basket.
J’ai entendu le chien qui attrape le coq.

Amel
 

J’ai entendu la récréation dans l’école.
Les enfants qui jouent.
Les garçons jouent au chien et les filles tapent dans leurs mains.
J’ai entendu le marché de Barbes, le métro et le monsieur qui dit « Malboro ».
J’ai entendu quand ça sonne dans le collège.
J’ai entendu les gens qui marchent dans le magasin.
J’ai entendu notre école, le garçon jouer au foot, les enfants jouer au chien et la fille qui dit salut.
En Ukraine, je n’ai pas entendu les mêmes bruits.
Il n’y a pas de métro et l’on n’entend, pas la même langue.
Il n’y a pas les mêmes écoles, il n’y a pas les mêmes maisons, il n’y a pas les mêmes mosquées, dans notre langue.
Il n’y a pas les mêmes lettres,
il n’y a pas les mêmes trains,
il n’y a pas les mêmes hôpitaux,
il n ‘y a pas les mêmes classes,
il n’y a pas les mêmes magasins,
il n’y a pas les mêmes bus.
Je n’ai pas entendu les mêmes bruits à l’école.

Anna

J’ai entendu la voix de la récréation.
Il y a des enfants qui jouent au foot.
J’ai entendu la voix de la mosquée, les voix des élèves, la voix du métro.
Dans mon pays, il n’y a pas les mêmes sons à la mosquée.
Le bruit du marché ça me fait penser à mon pays, le Maroc.
Quand j’ai entendu le bruit de la mosquée, je l’ai vite reconnu.
J’ai entendu une fille qui dit salut.
Il y a des filles qui jouent ensemble. Il y a une fille qui dit je suis tombée.
Il y a des enfants qui parlent une autre langue.
Il y a un homme qui dit un euro, un euro, un euro…
Il y a une voiture qui est passée, devant il y a le métro, il y a beaucoup de gens qui parlent et il y a des policiers.

Rafik